Dans un essai à paraître, Charles Gave annonce la révolution qui touche les États providence, pournotre plus grand bien. Extraits exclusifs.
"Ce n’est un secret pour personne, la part de l’État dans l’économie française ne cesse de croître depuis le début des années 1970. Logiquement, cette « préférence » pour une consommation collective aurait dû être financée par un accroissement des recettes fiscales, c’est-à-dire par un alourdissement des impôts.Il n’en a rien été. Le dernier budget voté en équilibre dans notre pays remonte à 1973 ; depuis, pour financer ces accroissements de dépenses,l’État n’a cessé de recourir à l’emprunt.Cette calamiteuse habitude a conduit à une explosion de la dette, qui atteint un niveau tel que les marchés financiers risquent très prochainement de refuser de continuer à nous prêter de l’argent. C’est ce que l’on commence à voir en Grèce, en Irlande, en Espagne, auPortugal… Il va donc falloir, et à brève échéance, ajuster les dépenses aux recettes. (…)
Pour garder ses privilèges, ce qu’il faut bien décrire comme une classe sociale,puisqu’elle bénéficie de privilèges que le reste de la population ne connaît pas, a besoin que l’État (dont elle a pris le contrôle) ait un poids sans cesse croissant afin de pouvoir continuer à distribuer des prébendes non gagnées à leurs mandants, condition sine qua non de son maintien au pouvoir. Or, comme cette classe ne produit rien, la seule façon de financer ces droits non gagnés est de recourir à l’emprunt. Mais la route de l’endettement est en voie d’être coupée et c’est une très bonne nouvelle. Le personnel politique représentant notre social-clientélisme ne va plus pouvoir emprunter en donnant en gage les Français du futur. Il ne peut pas non plus augmenter les impôts qui pèsent sur le reste de la population, de crainte de créer une dépression et/ou une révolte des assujettis à l’impôt, dont leurs propres troupes. Le social-clientélisme, qui par construction ne peut s’autofinancer, va disparaître.
Le propos de ce livre est donc d’expliquer que ce qui s’est produit pour l’Union soviétique va frapper notre système politicoéconomique et pour les mêmes raisons. La logique est la suivante : le socialclientélisme s’appuie à l’intérieur de nos économies sur de vrais bastions constitués selon des principes organisationnels qui, toujours, récusent le libre choix des consommateurs, transformés en usagers, et qui sont donc par essence totalement conformes aux pratiques qui avaient cours en Union Soviétique.(…)
Ce que j’annonce est en fait une révolution.
Les révolutions sont rarement populaires dans les classes dirigeantes qui sont en train de se faire virer. Mais si une révolution se définit comme la superposition d’une fin et d’un commencement, il est tout à fait évident que nous sommes en train d’entrer dans des temps révolutionnaires.Les Chinois utilisent le même idéogramme pour parler de « crise » et d’« opportunité».
Nous sommes en train de rentrer dans la crise de l’État providence, ce qui va créerd’immenses opportunités. Les temps qui viennent vont donc être incroyablement passionnants.
Charles Gave, « L’État est mort, vive l’État ! »,
Bourin éditeur, 165 p., 19
Une seule solution,
la révolution !
”
“
« Certains lecteurs me font peut-être
l’honneur de le savoir, j’ai déjà publié
quelques petits pamphlets économiques que
j’espère éclairants et divertissants, allant
d’une tentative d’explication de l’absurdité
de l’euro (en 2003), ce qui saute aux yeux
de tout le monde aujourd’hui (« Des Lions
menés par des ânes »), à une tentative,
tremblante, de relecture des Évangiles par
l’économiste libéral que je suis (« Un libéral
nommé Jésus »), en passant par un essai de
prospective (« C’est une révolte ? Non, Sire,
c’est une révolution. L’intelligence prend le
pouvoir ») et enfin une analyse de la crise
financière et bancaire de 2008-2009 (« Libéral
mais non coupable »).
Cependant mon métier n’est pas d’écrire
des essais, mais d’aider des institutions
financières dans le monde entier à gérer
les capitaux qui leur sont confiés par leurs
mandants et parfois de les gérer moi-même.
Depuis quarante ans, j’essaie donc de
comprendre les relations qui unissent les
économies, les marchés financiers et les
systèmes politiques, tâche ingrate s’il en est
mais ô combien nécessaire. Ayant compris, ou
pire, croyant avoir compris, je vais expliquer à
qui veut bien me payer la façon dont devraient
être déployés les capitaux dont il a la charge.
Si je me suis trompé, je suis viré ; si j’ai eu
globalement raison, mon contrat est renouvelé
pour une année supplémentaire.
Le lecteur comprendra que si je me
trompe, mon niveau de vie s’en ressent
immédiatement et que je n’ai donc vraiment
pas intérêt à me fourvoyer, ce qui bien sûr ne
veut pas dire que cela ne m’arrive pas… »



J’avoue que je compte les heures pour enfin lire votre dernier opus.
J’espère que vous nous aurez laissé quelques portes ouvertes afin d’avoir le plaisir d’en débattre avec vous.
Merci.
Bonjour,
Pleins de portes et c’est aussi l’avantage des graphiques; ils prêtent à discussion.
Amicalement,
C.G