Ce type de graphiques permet de résumer en une seule courbe l’évolution à travers le temps du problème que je vais tenter d’expliquer dans le cours de cet ouvrage. Pour parvenir à ce second stade, celui de l’explication, servons-nous de la même méthode, mais avec un graphique qui comprendra non pas une mais deux courbes : l’échelle de gauche présentera la cause et l’échelle de droite la conséquence, et j’essaierai de montrer de façon visuelle la relation qui unit cause et conséquence… Quasiment toujours et fort logiquement, la cause précédera la conséquence de quelques mois et chaque fois le temps écoulé entre le déclenchement de la cause et l’irruption de la conséquence sera indiquée.
À titre d’exemple, examinons un graphique décrivant la relation unissant la politique monétaire de la banque centrale aux États-Unis et l’une de ses variables directrices, les prêts accordés par les banques commerciales américaines
aux entreprises de ce même pays. Si les banques deviennent plus prudentes et que les prêts bancaires diminuent, la banque centrale baisse au plus vite ses taux car elle sait qu’une récession se profile. Elle veut éviter que l’accès au crédit des entreprises américaines soit à la fois difficile et cher8. Si les banques sont optimistes et accordent facilement des crédits, les taux montent. Cela veut dire que l’activité est en train de se redresser et que les taux courts doivent être ramenés à un niveau «normal». Bref, la banque centrale américaine gère les taux courts contre ses banques commerciales et la demande de crédit. On aimerait que la BCE ait fait preuve de la même compétence.



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